1992 - Arthur Conte interviewé sur le grand peintre contemporain Georges Yatridès

 

Transcription de la vidéo

Présentateur : Bonjour à tous. Peinture, presse, café-théâtre, météo, Helvétie et politique, voilà en résumé très rapide le programme de ce 12-13 d’aujourd’hui. Peinture: Yatridès, peintre grenoblois, dans un livre signé Arthur conte, qui est avec nous.
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Présentateur : Arthur Conte, bonjour
Arthur Conte : Bonjour
P : Historien, ancien ministre, ancien président de l’ORTF et puis amateur d’art, puisque si vous êtes ici, c’est pour nous parler de deux ouvrages, dont celui que j’ai devant moi : Yatridès, Maître du temps, Éditions Lumières et Espace. Yatridès qui est un peintre grenoblois, qui est nettement plus connu à l’étranger que chez nous.
C : Oui. Pour dire vrai, ce n’est pas un peintre grenoblois; il est de Grenoble et c’est un peintre de gloire mondiale. Il est connu à travers le monde entier. J’ai vu des admirateurs de Yatridès au Japon, j’en ai vu aux États-Unis. Il est classé parmi les plus grands et il se trouve qu’en France, il est beaucoup moins connu. Et si j’ai écrit ce livre, c’est précisément pour mieux le faire connaître.
P : Vous avez vous-même un engouement pour ses œuvres, qu’on va voir pendant qu’on parle.
C : Exactement. Dès que je l’ai vu une fois, à Grenoble après une conférence que j’avais faite, je suis resté béat d’admiration. C’est un prodigieux génie, de la plus grande envergure,  de la place de Van Gogh ou Modigliani, autres méconnus.
P : Alors, on voit sur ces images des œuvres du début de carrière et puis, petit à petit, il travaille, il change, il travaille sur la matière, sur les transparences.
C : C’est-à-dire qu’il y a eu plusieurs Yatridès, jusqu’au Yatridès actuel qui est indéfinissable. Yatridès, c’est Yatridès. Mais au début, on peut évoquer les couleurs, les flammes de Van Gogh, ensuite il est plutôt Soutine, puis il en vient à l’abstrait, le léger et maintenant il a pris une technique extrêmement travaillée.
P : Sur son nouveau style, on sent l’influence des surréalistes quand même.
C : Je ne sais pas. Il y a toutes sortes d’influences. Il faut dire qu’il a vécu en Grèce et en Californie, pays harmonieux. Mais il a vécu aussi au Mexique, au Congo, où il est entré en contact avec les plus grands mystères. Et je crois qu’il doit davantage au Congo et au Mexique qu’aux surréalistes.
P : Alors vous l’avez découvert, vous l’avez rencontré. Ce livre, c’est un résumé de sa carrière aujourd’hui, bien sûr, puisque ça continue, et ce sont des textes de vous.
C : Je l’ai écrit parce que j’ai été emballé et j’ai gardé des mémoires des prodigieuses injustices de la France. Rappelez-vous comment est mort Van Gogh; Modigliani est mort dans la misère et le désespoir, comme tant d’autres.
P : Vous le mettez sur le même plan que ces grands noms?
C : Je pense que oui. Je pense que oui. Vous savez combien d’Impressionnistes nous avons laissés partir, à l’Ermitage de Saint-Pétersbourg ou dans les musées américains. Nous n’avons pas su reconnaitre certains grands peintres. Et en voilà un qui est très grand.
P : Et il faut préciser aussi que l’impression de ce livre est très belle. Ca a été fait ici à Vaulx-en-Velin, tout à côté de Lyon.
C : Oui, un admirable travail, vraiment. C’est très difficile de faire des livres de peintres et d’être fidèle au peintre.
P : Surtout pour respecter les transparences.
C : Les nuances des couleurs, par exemple. Parce que Yatridès travaille un peu de la manière Léonard. Parce qu’il travaille à fond ses peintures. Il invente des couleurs. Il a une ligne très stricte et c’est presque un alchimiste – quand vous le voyez travailler, c’est de l’alchimie. Et il travaille à fond. Ce livre - précisément cette imprimerie a travaillé dans son esprit, avec la même exigence.
P : Arthur Conte, merci. Alors les deux livres dont on a parlé aujourd’hui : Yatridès maître du temps, très très beau livre, très très luxueux.
A : C’est à l’honneur de l’imprimerie de la région lyonnaise qui a fait cela. Vraiment, c’est du très très beau travail.
P : On a pu le voir sur les reproductions qui ont été filmées à l’intérieur de ce livre  Et puis L’épopée coloniale de la France, c’est chez Plon. Merci Arthur Conte d’être venu dans cette émission.

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