1974 - Le peintre Georges Yatridès "valeur sure" pour les collectionneurs - contenu du document

 

Grenoble, 

Vendredi 27 septembre 1974

LE PEINTRE GEORGES YATRIDES (qui ne se soucie guère de sa renommée locale) EST DEVENU "VALEUR SURE " POUR LES COLLECTIONNEURS

 

 

Note en dessous de la photographie (ndlr)

Le peintre Yatridès, à l'aise dans son atelier, travaille à même la planche... y compris les travaux personnels de dactylographie

 

 

Un peintre, pour atteindre l'Histoire ( à ne pas confondre avec la gloire provisoire) a besoin davantage de profondeur d'esprit que de faculté de voir et de cerner les couleurs, de rapporter sur la toile leurs rapports avec les formes ; autrement dit, de savoir se confondre, en oubliant ses anecdotes personnelles, avec la vie universelle. 

Georges Yatridès - né à Grenoble (où il demeure dans le quartier de l'Aigle) le 5 mars 1931 - connaît, à la fois le bonheur d'une culture immense et d'une technique sûre ; il sait toujours disposer de lui-même, allégé, de réflexion en réflexion et son destin de créateur est celui d'un devancier, en dehors des modes et des chapelles, à l'abri des aventures post-abstraites. Il est peut-être un solitaire qui a décidé d'être fidèle à l'enseignement des anciens, de leur chimie, de leur vertus et le traiter de "classique" est un compliment selon le lexique que cet homme fébrile a choisi.

Comme Poussin découvrant une lavandière unie au Tibre et décidant de peindre "Moïse sauvé", Yatridès, soudain mis en présence de la jeune fille aux lèvres closes, grandissant dans l'exigence a dessiné la ville comme une assomption du lieu clos ; une scénographie nouvelle de la Métropole se révèle au bord des yeux. Mais cette froide seigneurie contemporaine que cerne Yatridès, en gnostique quelquefois, contredit le monde bâti de Chirico, en le traversant. 

Une cote haut placée

Nous avons rencontré des collectionneurs ravis de posséder des "Yatridès". A Grenoble, je l'ai vu "accroché" entre Chagall et Carzou, à proximité d'un dessin de Picasso l'empereur des arts. Je crois, sincèrement que le tableau de Yatridès avait la gravité majeure d'un Georges de la Tour, la même lumière mentale. Comment s'étonner alors, que des collectionneurs fassent "monter la cote", d'autant plus allégrement que Georges Yatridès est "valeur sûre" aux Etats-Unis, depuis diverses expositions, par exemple à "l'International Galleries" de Chicago. 

A Nice, cette année, à l'occasion des "Jeux échiquéens", la cote des petits dessins à la mine de plomb de Yatridès atteignait 4.000 francs tandis qu'une huile (en format 60 Marine) trouvait preneur à Paris à 60.000 francs. Laissons aux marchands le soin d'aligner, voire d'opposer, leurs commentaires. 

L'oeuvre de Yatridès a inspiré à René Char ce clair jugement "le peintre hors du tumulte" tandis que M. Sacha Bourmeyster, agrégé de l'Université, Maître de conférences à "Grenoble III" écrivait en février dernier : 

"Une chose est certaine, l'oeuvre de Yatridès mériterait d'être étudiée d'un point de vue linguistique. La rigueur du travail accompli, la clarté de la facture, la continuité dans l'évolution rendent possibles l'élaboration d'une grammaire de son expression picturale et par delà, son interprétation sémiologique"

Dans cette direction picturale qui s'apparente à la recherche des "poètes du Concept" et que Thibaudet nommait "tangentielle" comme le remarquait, à propos de René Char, le directeur des Hautes Etudes en Sorbonne, Georges Blin, il existe une efficacité du trait comparable à celle de la parole. 

Christian GALI


Note en dessous du portrait (ndlr)

Le portrait de Cecilia appelé à orner en frontispice, la couverture d'un livre (Reproduction gracieusement autorisée par l'artiste)

 

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