1964 - Le jeune peintre Georges Yatridès se cache à Grenoble - contenu du document

 

Juillet 1964

Dauphiné actualités

Attaché à l"International Galleries" de Chicago un jeune peintre français se cache à Grenoble pour mieux exprimer son art

  Il aurait pu s'installer dans le Midi ou en île-de-France, à Saint-Paul-de-Vence, à Honfleur ou à Paris. Par besoin d'isolement, il a choisi Grenoble.
  
 Yatridès est de ces peintres qui vouant leur existence à la peinture, se montrent, pour exprimer leur art, aussi exigeants qu'intransigeants. 
  
  Il aurait pu être un ingénieur brillant. Il préfèrera prendre cette route incertaine et difficile qui ne révèle ses richesses qu'à de rares privilégiés. Ne la prennent et ne la gardent que ceux qui ont la foi. Yatridès est de ceux-là. 
 
  Sa première exposition à la Galerie Voyelles (aujourd'hui disparue), à Paris, en 1955, ayant attiré sur lui l'attention de grands amateurs américains, le directeur de l'une des plus célèbres galeries des Etats-Unis : l'"International Galleries", de Chicago, lui offrit sa chance sous la forme d'un merveilleux contrat. 
  
Lorsqu'on débute, que l'on est un inconnu et que l'on a faim surtout, une telle chance ne se refuse pas. Yatridès signa, assurant sa vie, celle de sa famille et, à la galerie, pour des années, l'exclusivité de ses oeuvres.
  Il eu une deuxième exposition, celle-là confirmant le succès de la première et surtout le choix qu'il fit après son bac il abandonna l'avenir scientifique pour lequel il semblait, par ses dons, également préparé. 
  C'était à Chicago, en avril 1959. L'International Galleries" avait organisé une prestigieuse rencontre de grands peintres et sous le titre : "Les maitres français contemporains", exposé des Braque, Chagall, Chapelain-midy, Gromaire, Picasso, Jacques Villon, Puy, Savin et ... cinq toiles de Georges Yatridès. 
  Ce dernier était de loin le plus jeune, le plus anonyme, mais les intenses et originales qualités de son art avaient triomphé de l'âge et de l'anonymat. 
  Depuis, aussi régulièrement que le permet son inspiration, avec cette liberté d'expression qui lui est particulièrement chère, Yatridès, de son 7e étage grenoblois, envoie toutes ses oeuvres en Amérique. 
  Nous avons pu voir quelques toiles avant "l'envol" et nous avons admiré qu'avec tant de sobriété une telle richesse puisse être exprimée : richesse de la personnalité, des nuances, de l'expression, de la sensibilité, tout cela cerné, souligné autant par la fermeté du dessin à caractère graphique que par une technique au vieux secret retrouvé et jalousement gardé... comme l'est le talent de Georges Yatridès par les Américains ! 

Lucile DUC

Note en dessous de la photographie (ndlr)

Une de ses toiles prête à s'envoler pour Chicago. Sans la couleur aux notes douces et sourdes, seul le graphisme à caractère si personnel exprime la richesse de l'oeuvre. 

 

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